Interpellation : Pour des maisons des services publics

Interpellation au Collège, Conseil communal du 16 décembre 2014

Monsieur le bourgmestre,
Mesdames et Messieurs les échevins,

Personne, probablement, ne doute ici de l’importance que revêt la présence d’un maillage dense de nos quartiers par le service public. Nos services publics jouent en effet un rôle majeur en matière de cohésion sociale, ils garantissent l’accès de chacun d’entre nous à une série de droits fondamentaux.

Pourtant, pour diverses raisons, la présence du service public est en recul.

  • Alors qu’il y avait 35 bureaux de poste à Liège en 2005, il en reste à peine 8 aujourd’hui (Angleur-centre, Bressoux-centre, Jupille-sur-Meuse, Liège-Perron, Liège-Guillemins, Liège-Avroy, Liège-Longdoz et Rocourt-Reine-Astrid) complétés de 28 points-poste (dont certains, cependant, ferment ou sont menacés de fermeture).
  • La SNCB a multiplié les fermetures de guichet ces dernières années et il est craindre – si les économies importantes qui lui sont demandées par le gouvernement fédéral se confirment –, que ce mouvement poursuive, transformant des gares en simples « points d’arrêt non gardés », avec toutes les conséquences délétères que cela entraîne : insécurité, dégradation du service aux usagers, etc.
  • D’autres exemples pourraient être mise en avant.

VEGA dénonce cette logique qui, dans les grandes villes autant que dans les zones rurales, éloigne des milliers d’habitants de services fondamentaux. À titre d’exemple, dans le quartier Sainte-Marguerite, qui compte quand même plus de 16 000 habitants, on ne trouve plus aujourd’hui de service postal entre l’îlot Saint-Michel et Ans-Bas.

Si nous souhaitons fondamentalement le redéploiement du service public, des solutions concrètes et immédiates sont nécessaires et possibles pour garantir sa présence. C’est pourquoi nous proposons que la Ville envisage la création de « Maisons des services publics », qui pourraient réunir dans des lieux communs une série de services en mutualisant leurs coûts de fonctionnement.

Dans ces maisons de services publics, on trouverait tout ou partie des fonctions suivantes : les diverses fonctions remplies par un bureau de poste ; une antenne de l’administration communale ; l’achat de titres de transports et divers autres services relatifs aux transports en commun ; un accès aux services fournis par nos intercommunales, notamment dans le domaine de la distribution de l’eau et de l’énergie ou des télécommunications ; un point d’information sur toutes les matières qui concernent le citoyen, depuis les modalités d’obtention des primes environnementales régionales jusqu’aux horaires des services de santé en passant par des informations sur les bourses d’études, etc. Diverses facilités seront en outre fournies autant que possible (photocopieuse, téléphone public, fax, connexion à internet, photomaton,…). Et la liste n’est bien sûr pas limitée.

Pour régler tous ses problèmes administratifs, le citoyen n’aurait à se rendre que dans un seul lieu et à faire la file une seule fois. Grâce à l’assistance d’une informatique moderne, les fonctionnaires pourraient être à même de répondre à tous ces problèmes.

L’organisation de ces maisons des services publics reposerait sur la mutualisation des ressources entre les diverses entités concernées et sur la coopération systématique entre elles, permettant de réaliser de très considérables économies d’échelle et par conséquent d’accroître substantiellement la qualité du service fourni ainsi que la densité géographique de ces antennes administratives, réalisant enfin une administration de proximité de laquelle on s’éloigne aujourd’hui plutôt qu’on ne s’en approche.

Ces maisons des services publics seraient de préférence installées dans des gares — ce qui permettrait de rouvrir et de rendre vie à bon nombre d’entre elles aujourd’hui désaffectées — et d’autres lieux communs (hôpitaux, bibliothèques publiques,…) ; en aucun cas dans des centres commerciaux accessibles seulement en voiture.

Parfois, il serait possible de localiser à proximité de ces maisons des services publics un garage protégé et un atelier de réparation pour les vélos, une crèche, une station de taxis, un service de voitures partagées (car-sharing), etc, toutes choses dont le regroupement en un seul lieu simplifiera substantiellement la vie de ses utilisateurs.

Ces maisons des services publics seraient donc également l’un des leviers importants des politiques d’aménagement du territoire qu’il nous faut mettre en place sans plus tarder à présent pour réorganiser l’espace autour des transports en commun et des transports doux de façon à anticiper, autant qu’il est possible, la fin de l’ère des énergies fossiles.

Je vous remercie pour l’attention que vous aurez portée à cette interpellation.

François Schreuer
Conseiller communal

Publié par

François Schreuer

Conseiller communal (VEGA) de la Ville de Liège.

Une réflexion au sujet de « Interpellation : Pour des maisons des services publics »

  1. Excellente proposition. Ce sont des initiatives de ce type qui peuvent permettre le maintien du contact entre les citoyens et les services publics et participer à une meilleure citoyenneté et à des meilleurs services à la population. Il est également très intéressant de proposer la proximité et la complémentarité avec d’autres services comme ceux qui sont proposés. Il serait intéressant aussi de donner une visibilité à l’ensemble du monde associatif qui agit dans le quartier (comité de quartier, association d’alphabétisation, mouvement de femmes ou d’éducation permanente,…). Belle initiative. Comment les autres groupes se sont-ils positionnés?

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