Un budget au risque de l’engourdissement

Intervention générale sur le budget 2016 de la Ville de Liège.

Le contexte dans lequel évoluent les finances communales, en cette fin d’année 2015, est extrêmement difficile, plus difficile qu’il ne l’a été depuis longtemps, malgré les quelques coups de pouce donnés, à divers titres, par la Région wallonne. C’est un fait. Je ne vais pas revenir sur la diversité des avanies que nous avons à endurer. Elles ont été largement exposées avant que je ne prenne la parole, cette année ainsi que lors des précédents débats budgétaires. Continuer la lecture de Un budget au risque de l’engourdissement

Remettre Liège-Guillemins sur la carte ferroviaire européenne ?

J’ai donné hier une conférence de presse sur les enjeux relatifs au statut international de la gare de Liège-Guillemins.

À cette occasion, j’ai notamment posé deux questions au sujet de la suspension (fermeture?) du «Thalys wallon» :

  • Pourquoi la dotation spécifique que reçoit la SNCB, au titre de son contrat de gestion, pour assurer la desserte de destinations intérieures par des trains à grande vitesse n’a-t-elle pas été adaptée à la suite de l’interruption du service des deux thalys régionaux ?
  • Pourquoi un même problème technique (compatibilité des systèmes ETCS) justifie-t-il, selon la SNCB, l’interruption du service des thalys à Namur, mais pas à Anvers ?

Par ailleurs, j’ai formulé dix propositions visant à remettre Liège sur la carte européenne des chemins de fer.

Voici le texte complet de cette conférence de presse (pdf).

Update. Voir notamment les échos médias suivants : Philippe Bodeux dans Le Soir, Martial Giot sur la RTBF, Philippe Lawson dans L’Echo, Marc Bechet dans La dernière Heure, Benjamin Hermann dans L’Avenir et Mélanie Geelkens pour Belga.

Tram : « L’Europe nous pousse vers la privatisation »… Vraiment ?

La tonalité du jour, après l’annonce du coup d’arrêt mis par Eurostat au projet de tram liégeois — tonalité qu’on retrouve autant chez les partis de la majorité actuelle et sortante que dans la presse, un peu complaisante, je trouve —, c’est (je cite le titre de l’article en édition nationale du Soir du jour) : «L’Europe pousse le tram de Liège vers le secteur privé».

Je suis en désaccord avec cette interprétation. Continuer la lecture de Tram : « L’Europe nous pousse vers la privatisation »… Vraiment ?

Conseil commun Ville-CPAS

Un Conseil commun — n’ayant cependant aucun statut formel — s’est tenu ce jeudi 18 décembre 2014, réunissant les Conseillers communaux de la Ville de Liège et les conseillers du CPAS. Lors de cette réunion, la situation du CPAS — ainsi que les «synergies» (pdf) envisagées avec la Ville et la police — a été exposée de manière détaillée par le président de l’institution et par son directeur général.

Dans le débat — qui n’était cependant pas un débat au sens qu’il ne débouchait sur aucune décision, sur aucun vote —, j’ai fait une brève intervention dont voici les principaux éléments. Continuer la lecture de Conseil commun Ville-CPAS

Interpellation : Pour des maisons des services publics

Interpellation au Collège, Conseil communal du 16 décembre 2014

Monsieur le bourgmestre,
Mesdames et Messieurs les échevins,

Personne, probablement, ne doute ici de l’importance que revêt la présence d’un maillage dense de nos quartiers par le service public. Nos services publics jouent en effet un rôle majeur en matière de cohésion sociale, ils garantissent l’accès de chacun d’entre nous à une série de droits fondamentaux.

Pourtant, pour diverses raisons, la présence du service public est en recul.

  • Alors qu’il y avait 35 bureaux de poste à Liège en 2005, il en reste à peine 8 aujourd’hui (Angleur-centre, Bressoux-centre, Jupille-sur-Meuse, Liège-Perron, Liège-Guillemins, Liège-Avroy, Liège-Longdoz et Rocourt-Reine-Astrid) complétés de 28 points-poste (dont certains, cependant, ferment ou sont menacés de fermeture).
  • La SNCB a multiplié les fermetures de guichet ces dernières années et il est craindre – si les économies importantes qui lui sont demandées par le gouvernement fédéral se confirment –, que ce mouvement poursuive, transformant des gares en simples « points d’arrêt non gardés », avec toutes les conséquences délétères que cela entraîne : insécurité, dégradation du service aux usagers, etc.
  • D’autres exemples pourraient être mise en avant.

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Comptages SNCB et autres préoccupations

boulierVoici le texte de l’interpellation que j’ai adressée au Collège lors du Conseil communal de ce lundi 8 septembre 2014.

Pour une stratégie communale de défense de notre réseau ferroviaire face aux nouvelles menaces de compression du service public

Monsieur le bourgmestre,

Vous n’ignorez pas ma préoccupation à ce propos : je suis convaincu que nous manquons, dans différents domaines, de données statistiques nécessaires non seulement à la bonne gestion des affaires publiques mais aussi à la défense du fait urbain, dont la réalité, à Liège, est souvent noyée dans des ensembles plus large faute de disposer d’une entité institutionnelle correspondant à la réalité humaine et géographique de notre agglomération. Contrairement à, par exemple, la Région de Bruxelles-Capitale, qui s’est progressivement dotée des moyens de défendre efficacement sa singularité (c’est par exemple évident au niveau scolaire, et je m’en réjouis pour les élèves bruxellois), Liège est notoirement à la peine, y compris au niveau de la Région wallonne. Continuer la lecture de Comptages SNCB et autres préoccupations

Les conséquences du TSCG sur les finances communales

GERMANY-POLITICS-ECONOMY-MERKELCe lundi, j’interpelle le Collège sur les conséquences sur les finances communales du nouveau traité austéritaire européen – le TSCG ou «Pacte budgétaire européen», contre lequel les services publics étaient en grève aujourd’hui même. S’il a déjà été voté par le parlement fédéral (voir ici les détails des votes), le Parlement wallon ne devrait, semble-t-il, pas le voter avant la mi-septembre – ce qui nous laisse trois petits mois pour faire prendre conscience au plus grand nombre des conséquences dramatiques qu’aurait ce traité. Et un vote négatif du Parlement wallon empêcherait sa ratification par la Belgique. Continuer la lecture de Les conséquences du TSCG sur les finances communales

ArcelorMittal : Ce n’est pas la faute à pas de chance

Première réaction, à chaud, à l’annonce, faite ce matin de la fermeture d’une grande partie des usines sidérurgiques encore ouvertes en région liégeoise. Ce texte a été repris comme «carte blanche» par Le Soir en ligne.

Le démantèlement de la sidérurgie liégeoise auquel nous assistons depuis des décennies – et qui a connu ce jeudi un nouveau tour particulièrement douloureux – n’est en aucune manière un « drame », comme d’aucuns l’écrivent aujourd’hui avant, probablement, de s’en désintéresser demain. Un drame, c’est le produit de la fatalité, c’est imprévisible, c’est « la faute à pas de chance ». Rien de tout cela n’est valable dans le cas présent. La situation est la conséquence de processus bien identifiés.

1) Le vote constant, par presque toutes les forces politiques du pays, en ce compris l’immense majorité de la gauche parlementaire (et, dans la plupart des cas, avec un soutien syndical non négligeable), de traités européens qui ont petit à petit interdit toute politique économique publique sur notre continent – ce que personne d’autre ne fait dans le monde, pas même les Etats-Unis. On peut parler d’une constitutionnalisation du néo-libéralisme. L’hypocrisie de ceux qui votent les traités européens mais versent des larmes de crocodile lorsque les conséquences s’en font sentir doit être dénoncée sans complaisance.

2) Une incapacité des différents responsables, dont bon nombre de Liégeois, depuis le non-achèvement de la ligne intégrée à Chertal, à faire évoluer l’outil de manière structurelle. Là où beaucoup de sites concurrents ont investi, simplifié les process de production, rationnalisé l’usage de l’énergie et la géographie de leurs sites… Liège a beaucoup trop vécu sur ses acquis (une localisation exceptionnelle et un savoir-faire qui n’est pas moins) et campé dans un immobilisme mortifère depuis 40 ans. On le paie cash aujourd’hui.

3) Un désintérêt – c’est un euphémisme – de la Flandre et donc du fédéral pour l’avenir économique de la Wallonie. On soulignera à cet égard que l’attitude du premier ministre fédéral (un socialiste wallon, aux dernières nouvelles) est juste indéfendable : il a tout simplement laissé en plan les Wallons – et notamment son collègue Jean-Claude Marcourt – lorsque son aide aurait peut-être pu peser dans la négociation avec la multinationale ArcelorMittal. Nul doute qu’il s’apprête à refaire de même, tout en noyant le poisson dans de bons discours larmoyants. Que M. Di Rupo ait pu prononcer à Davos, au moment même où l’annonce de la fermeture était faite à Flémalle, un discours vantant les intérêts notionnels, supposés « créer des emplois » est l’illustration absurde et cruelle de cette situation d’impuissance organisée des pouvoirs publics, qui préfèrent consacrer leurs moyens à des cadeaux fiscaux aux multinationales plutôt qu’à une réelle politique économique.

4) Une politique d’austérité européenne, autoritaire et violente – et désormais officiellement inepte, de l’aveu même des économistes du FMI –, qui a ouvert un cycle de régression économique et sociale et est en train de plonger les entreprises, les salariés et tous les citoyens européens dans la précarité. La désindustrialisation de l’Europe qui est en cours – et s’accélère avec l’austérité – prépare la pauvreté de demain.

Certains retards ne se rattraperont pas en un jour, mais si nous voulons pour Liège et pour l’Europe un avenir moins morose que celui que nous sommes en train de nous préparer, cessons de geindre et retroussons-nous les manches pour apporter des réponses sur ces terrains : se dégager au plus vite du corset néo-libéral européen, stimuler notre capacité d’investissement et d’innovation, sortir de la relation malsaine avec la Flandre dans laquelle le fédéralisme de confrontation nous a plongés et remettre à l’ordre du jour une politique économique keynésienne.

C’est parti…

Comme prévu, j’ai donc prêté serment hier soir, lundi 3 décembre, comme conseiller communal. Après les quelques semaines de répit relatif depuis la fin de la campagne électorale, voilà donc l’activité politique qui repart sur les chapeaux de roue. Comme je l’avais promis, j’ouvre donc cet espace pour rendre compte du travail que je vais mener au sein du Conseil communal. Je tâcherai de poster régulièrement de courts billets, qui seront signalés sur mon compte Twitter ainsi que sur Facebook et, peut-être, sur G+. J’espère que cet outil contribuera à rendre le fonctionnement du Conseil — et celui du jeu politique local en général — plus lisible pour celles et ceux qui me feront l’honneur de me lire. Continuer la lecture de C’est parti…