Question écrite : À quoi sert-il d’organiser une réunion de concertation si les réclamants sont convoqués en dernière minute ?

Monsieur le bourgmestre,

Ce jeudi 9 février en matinée a lieu la «réunion de concertation» dans le cadre de la demande de permis du projet «Médiaciné» (10 salles de cinéma dans le quartier du Longdoz), ainsi qu’il est prévu par la législation régionale dans le cas où plus de 25 personnes ont participé à une enquête publique.

Ici, ils et elles sont 1361. Et ces 1361 réclamants vont donc recevoir un courrier de la part de l’administration. Il n’est pas certain, cependant, qu’ils le recevront à temps. Cet envoi porte en effet le cachet de la poste du mardi 7 février. Autrement dit, dans le meilleur des cas, ces 1361 citoyens trouveront dans leur boîte aux lettres, ce mercredi 8 février au soir en rentrant du travail, une convocation pour une réunion qui a lieu demain matin 9 février à 8h30. Quel travailleur, selon vous, est en mesure de s’organiser avec son employeur dans de telles conditions ? Il ne me semble pas m’avancer beaucoup en considérant que cette pratique élimine de la procédure de concertation une grande majorité de nos concitoyens, dont les obligations professionnelles ne sont pas compatibles avec ce genre de délais.

Encore s’agit-il là du meilleur des cas, dis-je, puisque bon nombre de ces personnes ne recevront en fait ce courrier… qu’après la tenue de la réunion.

Je m’interroge, dès lors : quel message l’administration envoie-t-elle à ces citoyens responsables qui ont pris du temps pour participer à une procédure publique d’urbanisme, qui ont, pour certains d’entre eux rédigé des courriers détaillés et approfondis ?

Sachant que cette pratique de la convocation en toute dernière minute est habituelle (c’était aussi le cas pour les réclamants dans l’enquête sur le projet de parking sous la place Cockerill, par exemple), pourriez-vous me dire, Monsieur le bourgmestre : s’agit-il d’une pratique délibérée ? Si ce n’est pas le cas, qu’est-ce qui explique ce tempo malheureux ?

Mais surtout : pouvez-vous vous engager, Monsieur le bourgmestre, à ce que les convocations à ce type de réunions soient désormais envoyées dans un délai raisonnable, par exemple 10 jours à l’avance ?

Dans le cas présent, pourriez-vous envisager d’organiser une nouvelle séance, en convoquant dans des délais décents nos 1361 concitoyens concernés ?

Je vous remercie, Monsieur le bourgmestre, pour les réponses que vous voudrez bien m’apporter.

François Schreuer
Conseiller communal de la Ville de Liège

Question écrite : La Ville de Liège envisage-t-elle d’acquérir les immeubles de la rue Armand Stouls ?

Monsieur le bourgmestre,

L’enquête publique sur le projet «Médiaciné» — un multiplexe de 10 salles dans le quartier du Longdoz — touche à sa fin et votre Collège va être prochainement amené à se positionner sur le dossier.

L’Etude d’incidences sur l’environnement (EIE) du projet devrait en principe vous y aider. Elle sous-estime malheureusement de façon flagrante l’impact du projet pour les habitants du quartier — démontrant une nouvelle fois, s’il en était besoin, l’absurdité d’une législation wallonne qui donne aux promoteurs privés le choix de l’auteur de l’étude censée éclairer le débat public.

C’est en particulier le cas de la rue Armand Stouls (mais aussi, dans une moindre mesures des rues d’Harscamp et de Seraing), qui est d’ores et déjà réduite à un statut de local technique, si l’on peut dire, du centre commercial «Médiacité», et dont les habitants subissent des désagréments importants.

Si le projet «Médiaciné» devait être réalisé, cette situation deviendrait tout simplement invivable pour les riverains qui seraient soumis de façon quasiment permanente au trafic automobile et aux voitures ventouses, l’ouverture des salles de cinéma ayant pour effet d’étendre les plages horaires concernées en soirée et le dimanche, en plus des horaires actuels d’ouverture de la Médiacité. Ces habitants verraient en outre l’horizon barré par un mur aveugle de… 19 mètres de haut (qu’il soit qualifié de «végétal» ou de «dynamique» par le promoteur de change rien à ce fait). Ce manque de respect de l’auteur de projet pour les habitants du quartier où il prétend s’implanter est interpellant, a fortiori dans un contexte où il est tellement nécessaire de favoriser le retour vers la ville et donc une meilleure qualité de vie dans nos quartiers denses.

J’aimerais savoir quelle importance le Collège accorde à cette situation. Si vous deviez être amenés à rendre un avis favorable sur le dossier, envisagez-vous des mesures de compensation au bénéfice des riverains ? Concrètement, dans ce cas de figure (que nous éviterons, je l’espère, mais il s’agit de prévoir toute éventualité), envisagez-vous d’organiser l’expropriation des riverains concernés — ou a minima le rachat à l’amiable des immeubles des propriétaires qui souhaitent fuir la dégradation significative de leur lieu de vie, ainsi que cela a été fait dans certains villages entourant l’aéroport de Bierset ? Cela semblerait la moindre des choses, au vu du préjudice que subissent ces habitants.

En l’attente de vous lire, je vous remercie, Monsieur le bourgmestre, pour le suivi que vous réserverez à la présente.

François Schreuer
Conseiller communal de la Ville de Liège

Question écrite : Un nouveau local associatif pour le quartier Vennes-Fétinne ?

Monsieur le bourgmestre,

On s’en souvient : voici un an, pour faire place au chantier de la nouvelle passerelle, l’école maternelle du Parc de Boverie était déménagée, dans l’urgence, vers les locaux associatifs qui avaient été construits en 2010 au 18A de la rue de Londres, pour la coordination du quartier de Vennes-Fétinne. Ces locaux ont été rapidement aménagés et accueillent désormais la petite cinquantaine d’enfants scolarisés dans cette école.

Si les associations du quartier, sans doute soucieuses de l’accueil scolaire de ces enfants, avaient à l’époque fait montre d’une grande compréhension malgré les conditions assez cavalières de leur expulsion, qu’elles avaient apprise en dernière minute, il m’a semblé utile, un an an plus tard, de poser la question de leur situation. Le constat est préoccupant Continuer la lecture de Question écrite : Un nouveau local associatif pour le quartier Vennes-Fétinne ?

Le TEC, un truc de gens qui n’ont pas le choix ?

En lisant, ici et là, les commentaires à propos du tram, je tombe sur bon nombre de réflexions tenues par des personnes qui ne vivent pas en ville et la fréquentent peu (sinon pas du tout) et estiment, parfois avec virulence, souvent avec certitude, que ce tram est inutile, un nouvel épisode des «Grands travaux inutiles» — voire qu’il ne s’agit que du délire (inévitablement) mégalomaniaque de quelques élus (forcément) irresponsables (sinon corrompus, comment pourrait-il en aller autrement ?).

Bien sûr, aucun de ces intervenants n’est obligé d’aller chaque matin s’entasser dans une de ces bétaillères que sont devenus les bus sur certaines lignes du TEC, à l’heure de pointe.

Et je me dis que, de toute évidence, à Liège, le bus, c’est (devenu?) un truc de gens qui n’ont pas le choix, un truc de gens qui n’ont pas d’autre solution pour se déplacer que d’attendre — parfois longtemps et souvent sans abri — ces vieux bahuts au diesel qui cahotent sur les pavés. Continuer la lecture de Le TEC, un truc de gens qui n’ont pas le choix ?

Navettes de bus gratuites pour Noël : a-t-on oublié les habitants ?

Question écrite du 21 décembre 2015

Monsieur le bourgmestre,

En cette fin d’année, alors que le centre-ville déborde d’activité liée à la proximité des fêtes de fin d’année, des navettes de bus gratuites ont été mises en place, pendant ce week-end, par le TEC Liège-Verviers entre Coronmeuse et le centre-ville, comme c’est déjà le cas depuis plusieurs années.

Si je comprends fort bien l’intérêt qu’il y a à faire appel aux transports en commun pour gérer les pics d’affluence dans le cœur urbain — leur potentiel étant d’ailleurs encore fort loin d’être pleinement utilisé —, je souhaiterais néanmoins vous poser quelques questions à ce sujet. Continuer la lecture de Navettes de bus gratuites pour Noël : a-t-on oublié les habitants ?

Place Cockerill : le Collège cherche-t-il à brûler les étapes ?

Monsieur le bourgmestre,

J’ai l’honneur de vous adresser une question orale, en deux points points, que je souhaiterais poser au Collège lors du Conseil communal de ce lundi 22 juin. Elle concerne le projet de parking sous la place Cockerill et de l’aménagement de surface — singulièrement calamiteux dans sa conception et son manque de respect de tous les usagers des lieux qui ne sont pas automobilistes, si je puis me permettre ici une appréciation personnelle — aménagements, donc, qui sont actuellement soumis à enquête publique.

À propos de la Convention liant la Ville aux exploitants du «Reflektor»

reflektorLe Conseil communal de ce 2 février était saisi de la Convention liant la Villede Liège à l’exploitant de la nouvelle salle de concert de 600 places dont on connait désormais le nom — «Reflektor» —, aménagée par les pouvoirs publics (Ville et Communauté française) au rez-de-chaussée de la Cité Miroir, place Xavier Neujean. Le point, d’abord inscrit à l’ordre du jour du Conseil de décembre, avait été reporté par le Collège, qui annonçait une évolution du dossier. Laquelle évolution n’a finalement pas eu lieu : c’est très exactement le même texte qui était au menu de février. Je reprends ici l’essentiel de mon intervention à ce propos. Continuer la lecture de À propos de la Convention liant la Ville aux exploitants du «Reflektor»

Fin du Noctambus : et encore un peu plus de « chacun pour soi » !

noctambusAprès 26 années de fonctionnement, l’opération « Noctambus » du nouvel an ne sera pas reconduite cette année. Pour « raisons budgétaires », explique-t-on à la SRWT.

Cette décision touche très particulièrement l’agglomération de Liège, puisque la moitié des utilisateurs wallons de cette formule étaient liégeois. L’année dernière, c’est pas moins de 20 000 personnes qui, dans notre seule ville (40 000 au total en Wallonie) ont pu être véhiculés en toute sécurité le soir du réveillon. Avec le Noctambus, boire un verre (ou deux) et se déplacer en sécurité et sans se ruiner, c’était possible ! Ça ne l’est plus ! Continuer la lecture de Fin du Noctambus : et encore un peu plus de « chacun pour soi » !

Quand on touche au cumul des mandats… ça pique !

cumulÇa y est, le marathon du budget est terminé. Je peux vous dire que ce fut long.

Ce 3e Conseil de la semaine s’est terminé pour moi sur une altercation assez dure, au sujet des statuts de l’asbl qui va gérer le «CIAC» (la nouvelle institution culturelle, mi-musée, mi-salle-d’expo, qui va s’installer dans l’ancien MAMAC, dans le parc de la Boverie). Il y est prévu que la présidence soit assumée de droit par l’échevin de la culture. J’ai déposé un amendement supprimant cette disposition et prévoyant simplement que la présidence soit désignée par le Conseil d’administration. Question de principe (et de pure forme, me semblait-il) : on ne peut pas trouver regrettable que certains élus cumulent des dizaines de mandats (et ne parviennent donc pas à les assumer tous correctement) et prendre des règlements qui conduisent mécaniquement à cette situation (au demeurant, ça n’aurait rien changé dans l’immédiat : si la majorité voulait voir l’échevin à ce poste, elle aurait pu l’y mettre tout en votant mon amendement). Continuer la lecture de Quand on touche au cumul des mandats… ça pique !

CCATM de Liège : une victoire à la Pyrrhus pour la majorité communale

poiscailleLe journal satirique « Le Poiscaille » (décidément de plus en plus indispensable dans le bayou de la vie liégeoise) publie dans son dernier numéro une double page sur le gros bug de la composition de la Commission consultative de l’Aménagement du territoire et de la mobilité (CCATM) de la Ville de Liège – toujours en rade un an et demi après le début de la mandature communale.

Et pour cause : il est manifeste qu’en reprenant la compétence de l’urbanisme (désormais exercée conjointement par Jean-Pierre Hupkens et Maggy Yerna après avoir été longtemps dans les mains du PSC/CDH), le PS a décidé de composer une CCATM à sa main, expurgée d’une série de personnalités trop indépendantes. On note par exemple Continuer la lecture de CCATM de Liège : une victoire à la Pyrrhus pour la majorité communale

Question écrite : tarifs du théâtre de Liège

theatre_de_liegeUne question écrite que je viens d’adresser au Collège communal.

Monsieur le bourgmestre,

Je n’ignore pas que le Théâtre de Liège est une entité indépendante de la Ville et que c’est à son Conseil d’administration qu’il revient de prendre les décisions qui le concernent.

Je pense cependant qu’en tant qu’un de ses principaux soutiens institutionnels, la Ville de Liège a des raisons de s’intéresser non seulement à l’usage qui est fait de l’argent qu’elle octroie au théâtre, mais également au fait que cet argent puisse bénéficier au plus grand nombre de nos concitoyens. Continuer la lecture de Question écrite : tarifs du théâtre de Liège

Visite à Genneviliers

De retour, avec une petite délégation de la Coopérative VEGA, d’une très riche rencontre d’élus locaux à Gennevilliers, en banlieue parisienne, sur le thème de la participation des citoyens à la vie publique, organisée par l’ACJJ et le CIDEFE, que je remercie pour leur invitation.

Une ville où le maire – pourtant élu avec 74% des voix lors de la dernière élection et sans être atteint par la limite d’âge – décide de passer la main après deux mandats pour faire tourner le pouvoir. Continuer la lecture de Visite à Genneviliers