Participation de la ville de Liège au réseau des villes contre les traités de libre-échange

Monsieur le bourgmestre,

Il y a deux ans, en juin 2014, je vous interpellais sur les dangers du Grand marché transatlantique (GMT, alias TAFTA, alias TTIP) pour la Ville de Liège et pour ses habitants, en appelant la Ville à se déclarer symboliquement, à l’instar de centaines d’autres municipalités européennes, «Hors du Grand marché transatlantique». Continuer la lecture de Participation de la ville de Liège au réseau des villes contre les traités de libre-échange

Tram : un scénario pour sortir de l’impasse

J’ai donné ce mardi 12 mai une conférence de presse sur le dossier du tram de Liège. J’y montre notamment à quel point le choix du «Partenariat public privé» (PPP) est, dans ce dossier, un gaspillage aussi invraisemblable qu’inutile d’argent public : le surcoût par rapport à un financement complètement public s’élève en effet, sur la durée du contrat, à au moins 500 millions d’euros.

Je plaide donc pour que le coup d’arrêt porté par Eurostat au dossier mène à abandonner cette formule de financement — et à profiter du temps dont nous disposons désormais pour améliorer le projet sur une série de points critiques et notamment à revoir son tracé pour améliorer la complémentarité avec le chemin de fer (et, de façon plus anecdotique, le téléphérique), pour limiter le coût du projet en évitant les éléments les plus dispendieux (le passage par le Pont Atlas, le double passage quais-Feronstrée et l’alimentation par le sol), pour servir de levier aux opérations urbanistiques de Bavière et de Droixhe, ou encore pour rendre le chantier compatible avec les échéances électorales de 2018-2019.

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Vous pouvez consulter le texte complet de cette conférence (document pdf, 10 pages, 515 ko). Je serai bien sûr particulièrement heureux de lire vos réactions et commentaires, qui m’aident très souvent à affiner les points de vue que je défends.

Parmi les échos donnés à cette conférence dans les médias, voyez notamment, disponibles en ligne, l’article de Philippe Bodeux dans Le Soir, l’article de Fabrice Terlonge sur TodayInLiège, le reportage de France Defalle sur RTC ou celui de Martial Giot sur la RTBF.

Lire aussi : Tram de Liège : et si l’on mettait les chiffres sur la table ?, Conférence de presse du 21 janvier 2016.

Tram : « L’Europe nous pousse vers la privatisation »… Vraiment ?

La tonalité du jour, après l’annonce du coup d’arrêt mis par Eurostat au projet de tram liégeois — tonalité qu’on retrouve autant chez les partis de la majorité actuelle et sortante que dans la presse, un peu complaisante, je trouve —, c’est (je cite le titre de l’article en édition nationale du Soir du jour) : «L’Europe pousse le tram de Liège vers le secteur privé».

Je suis en désaccord avec cette interprétation. Continuer la lecture de Tram : « L’Europe nous pousse vers la privatisation »… Vraiment ?

Mais pourquoi ont-ils oublié Jaurès ?

Jean_Jaurès,_1904,_by_NadarCe jeudi 31 juillet, il y aura exactement un siècle que Jean Jaurès a été assassiné. Figure centrale du camp de la paix, son assassinat a contribué à laisser place à l’absurde déferlement belliciste dans lequel l’Europe s’est autodétruite pendant trente ans.

À Liège, les prochains jours seront marqués par d’importantes festivités et commémorations, mais la tonalité choisie laisse pantois : il s’agit de recréer l’« ambiance » de 1914. On trouvera un « trivial pursuit géant », des danses traditionnelles et des musiques militaires, un « bal populaire », des balades littéraires, une brocante d’objets civils et militaires, la reconstitution d’un bivouac dans les tranchées, une démonstration d’anciens métiers, etc etc. Continuer la lecture de Mais pourquoi ont-ils oublié Jaurès ?

Pour que Liège se déclare hors du Grand marché transatlantique

taftaJ’interpelle ce lundi 2 juin le Collège communal sur les conséquences possibles du «Grand Marché Transatlantique» (GMT, alias TAFTA, alias TTIP), actuellement en cours de négociation.

Avec VEGA, nous demandons que la Ville de Liège, à l’instar d’autres collectivités en Europe, se déclare «Ville hors GMT».

Voici le texte de cette interpellation.

Monsieur le bourgmestre,

Comme vous ne l’ignorez certainement pas, la Commission européenne négocie actuellement un traité de libre-échange avec les Etats-unis, couramment dénommé « grand marché transatlantique ».

L’objet de ce « grand marché » devrait être de libéraliser les échanges de marchandises par la suppression des droits de douanes et d’induire « une harmonisation progressive des réglementations et de la reconnaissance mutuelle des règles et normes en vigueur.

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«Parlons politique»

20131230_itw_MeuseJe suis, ce lundi, l’invité de la rubrique «Parlons politique» du journal «La Meuse».

Une fois n’est pas coutume, voilà une agréable occasion d’exprimer quelques idées autrement qu’en une demie-phrase.

J’ai notamment pu introduire la thématique de la réduction du temps de travail, qui sera, je pense, au cœur du projet que VEGA défendra, notamment lors de la prochaine échéance électorale.

Vous trouverez le texte de cet entretien sur le blog du journaliste Gaspard Grosjan.

TSCG : on n’oubliera rien

Le traité budgétaire européen (TSCG) a donc été voté dans les parlements régionaux et communautaires. Comme chacun le sait ou devrait le savoir désormais, il condamne peu ou prou la prochaine génération à une austérité non seulement terriblement douloureuse mais en plus complètement contre-productive. Mais les fêtes de fin d’année sont déjà là, et le récit médiatique est bien sûr passé à autre chose. Continuer la lecture de TSCG : on n’oubliera rien

Les conséquences du TSCG sur les finances communales

GERMANY-POLITICS-ECONOMY-MERKELCe lundi, j’interpelle le Collège sur les conséquences sur les finances communales du nouveau traité austéritaire européen – le TSCG ou «Pacte budgétaire européen», contre lequel les services publics étaient en grève aujourd’hui même. S’il a déjà été voté par le parlement fédéral (voir ici les détails des votes), le Parlement wallon ne devrait, semble-t-il, pas le voter avant la mi-septembre – ce qui nous laisse trois petits mois pour faire prendre conscience au plus grand nombre des conséquences dramatiques qu’aurait ce traité. Et un vote négatif du Parlement wallon empêcherait sa ratification par la Belgique. Continuer la lecture de Les conséquences du TSCG sur les finances communales

Une faillite politique

cahuzacVoilà donc à présent que le trésorier de campagne de Hollande est pris à fricoter dans un paradis fiscal. La débâcle est telle qu’on s’en voudrait presque de tirer sur l’ambulance. Et l’on suggérerait bien à Hollande, Ayrault et compagnie de démissionner tout de suite, parce que ça serait moins douloureux pour tout le monde.

On ne peut cependant faire l’impasse sur une analyse de la situation tant celle-ci sera inévitablement préjudiciable Continuer la lecture de Une faillite politique

L’ambassadeur hongrois à Liège

Je suis convié, par le protocole de la Ville de Liège, en ma qualité de chef de groupe (eh oui), au «déjeuner» offert, le 20 mars, dans les Salons de l’Hôtel de Ville, à l’occasion de la visite officielle de Son Excellence Monsieur Tamás Iván Kovács, Ambassadeur de Hongrie.

Il va sans dire que je boycotterai cet événement.

Il va sans dire aussi que je m’interroge très lourdement sur ce qui a bien pu amener le Collège communal et son bourgmestre, Willy Demeyer, a accueillir le représentant d’un gouvernement de droite extrême qui a entrepris, depuis quelques années, un travail de destruction systématique des libertés constitutionnelles dans son pays. Continuer la lecture de L’ambassadeur hongrois à Liège

ArcelorMittal : Ce n’est pas la faute à pas de chance

Première réaction, à chaud, à l’annonce, faite ce matin de la fermeture d’une grande partie des usines sidérurgiques encore ouvertes en région liégeoise. Ce texte a été repris comme «carte blanche» par Le Soir en ligne.

Le démantèlement de la sidérurgie liégeoise auquel nous assistons depuis des décennies – et qui a connu ce jeudi un nouveau tour particulièrement douloureux – n’est en aucune manière un « drame », comme d’aucuns l’écrivent aujourd’hui avant, probablement, de s’en désintéresser demain. Un drame, c’est le produit de la fatalité, c’est imprévisible, c’est « la faute à pas de chance ». Rien de tout cela n’est valable dans le cas présent. La situation est la conséquence de processus bien identifiés.

1) Le vote constant, par presque toutes les forces politiques du pays, en ce compris l’immense majorité de la gauche parlementaire (et, dans la plupart des cas, avec un soutien syndical non négligeable), de traités européens qui ont petit à petit interdit toute politique économique publique sur notre continent – ce que personne d’autre ne fait dans le monde, pas même les Etats-Unis. On peut parler d’une constitutionnalisation du néo-libéralisme. L’hypocrisie de ceux qui votent les traités européens mais versent des larmes de crocodile lorsque les conséquences s’en font sentir doit être dénoncée sans complaisance.

2) Une incapacité des différents responsables, dont bon nombre de Liégeois, depuis le non-achèvement de la ligne intégrée à Chertal, à faire évoluer l’outil de manière structurelle. Là où beaucoup de sites concurrents ont investi, simplifié les process de production, rationnalisé l’usage de l’énergie et la géographie de leurs sites… Liège a beaucoup trop vécu sur ses acquis (une localisation exceptionnelle et un savoir-faire qui n’est pas moins) et campé dans un immobilisme mortifère depuis 40 ans. On le paie cash aujourd’hui.

3) Un désintérêt – c’est un euphémisme – de la Flandre et donc du fédéral pour l’avenir économique de la Wallonie. On soulignera à cet égard que l’attitude du premier ministre fédéral (un socialiste wallon, aux dernières nouvelles) est juste indéfendable : il a tout simplement laissé en plan les Wallons – et notamment son collègue Jean-Claude Marcourt – lorsque son aide aurait peut-être pu peser dans la négociation avec la multinationale ArcelorMittal. Nul doute qu’il s’apprête à refaire de même, tout en noyant le poisson dans de bons discours larmoyants. Que M. Di Rupo ait pu prononcer à Davos, au moment même où l’annonce de la fermeture était faite à Flémalle, un discours vantant les intérêts notionnels, supposés « créer des emplois » est l’illustration absurde et cruelle de cette situation d’impuissance organisée des pouvoirs publics, qui préfèrent consacrer leurs moyens à des cadeaux fiscaux aux multinationales plutôt qu’à une réelle politique économique.

4) Une politique d’austérité européenne, autoritaire et violente – et désormais officiellement inepte, de l’aveu même des économistes du FMI –, qui a ouvert un cycle de régression économique et sociale et est en train de plonger les entreprises, les salariés et tous les citoyens européens dans la précarité. La désindustrialisation de l’Europe qui est en cours – et s’accélère avec l’austérité – prépare la pauvreté de demain.

Certains retards ne se rattraperont pas en un jour, mais si nous voulons pour Liège et pour l’Europe un avenir moins morose que celui que nous sommes en train de nous préparer, cessons de geindre et retroussons-nous les manches pour apporter des réponses sur ces terrains : se dégager au plus vite du corset néo-libéral européen, stimuler notre capacité d’investissement et d’innovation, sortir de la relation malsaine avec la Flandre dans laquelle le fédéralisme de confrontation nous a plongés et remettre à l’ordre du jour une politique économique keynésienne.